L'existence de la reproduction photographique a pesé comme un " interdit des images " sur la peinture moderne. Depuis, " revenantes " littéralement, spectrales, dans des espaces hantés par l'absence, les choses et leurs images n'ont plus été, en peinture, que rêves, souvenirs pétrifiés ou énigmes. Mais dans la peinture de Giorgio Morandi, grâce à la réminiscence, la perception des choses devient l'image-souvenir d'elle-même, en un mouvement de venir à la présence où perception et mémoire se rencontrent. C'est une tonalité, une lumière, qui transfigurent toute chose, mais sans faire perdre à chaque chose sa phénoménalité, sa singularité, sa fragilité et son existence quelconque et temporelle. Le tableau devient le temps retrouvé, l'espace de cette transfiguration spirituelle des choses : la rédemption du temps en mémoire et de la matière en lumière.
L'existence de la reproduction photographique a pesé comme un " interdit des images " sur la peinture moderne. Depuis, " revenantes " littéralement, spectrales, dans des espaces hantés par l'absence, les choses et leurs images n'ont plus été, en peinture, que rêves, souvenirs pétrifiés ou énigmes. Mais dans la peinture de Giorgio Morandi, grâce à la réminiscence, la perception des choses devient l'image-souvenir d'elle-même, en un mouvement de venir à la présence où perception et mémoire se rencontrent. C'est une tonalité, une lumière, qui transfigurent toute chose, mais sans faire perdre à chaque chose sa phénoménalité, sa singularité, sa fragilité et son existence quelconque et temporelle. Le tableau devient le temps retrouvé, l'espace de cette transfiguration spirituelle des choses : la rédemption du temps en mémoire et de la matière en lumière.