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Les dernières notes et avis
Notes et avis 1 à 8 sur un total de 47
Avis a mon exécuteur
Avis posté le 25/08/2014
mouais
Lorsque, Victor Krebnitsky, ex agent secret soviétique , est retrouvé mort, la thèse du suicide est vite abordée, trop vite sans doute... Une enquête bâclée pour un repenti qui a toujours clamé qu'il ne mettrait jamais fin à ses jours quoi qu'il advienne. Un brûlot devait paraître prochainement.
Le corps refroidi de cette légende laisse derrière lui les relents amers d'un rêve brisé par et pour la révolution communiste. Qui se cache derrière ce complot, ces dernières lettres ne font hélas que corroborer la thèse du suicide. Victor meurt dans un ultime revirement, reniant ses convictions. Fin de l'enquête!
"Si on me trouve suicidé, c’ est que j’ aurai été assassiné."
Un ancien nazi est retrouvé mort chez lui en Suisse, dans les immondices ressurgit la mémoire de Roudnev, alias Krebnitsky. Un récit revenu d'outre tombe qui va échoir dans de nouvelles mains éclairant d'un nouveau regard cette période trouble.
Entre complot, trahison, secrets d'état, mensonges, traques et assassinats, l'histoire de Victor Krebnitsky conduit le lecteur dans les méandres de l'Histoire de l'Europe et des États-Unis des années 1930 et 1940. Tandis que les milieux artistiques et intellectuels se prennent de passion pour le mouvement communiste, l'étau se referme sur ces autres qui ont payé de leur sang leurs convictions les plus intimes.
Récit, fiction, biographie,livre d'histoire ou d'espionnage? La question se pose. A aucun moment, je n'ai réussi à rentrer dans l'histoire, à trouver l'angle d'attaque qui me permettrait d'apprécier cette lecture. Trop de détails politiques, trop de longueur, de langueur qui m'ont éloigné du héros. Ce n'est ni le sujet, ni la période qui m'ont éloigné mais plutôt une certaine antipathie pour le style.

Mon frère-ennemi
Avis posté le 13/08/2014
chronique d'un douar
Entre passé et présent douloureux, entre arbis et roumis, l’Algérie des années cinquante se remet lentement. Les dernières récoltes ont été difficiles pour le petit douar des Benouali, mais dans ces contrées arides la vie poursuit son cours selon les coutumes. Le jeune Salim attend avec impatience et appréhension, le passage obligé vers la reconnaissance, le couteau qui tranchera l’enfance.
Pour l’instant il use de sa liberté de voyager entre le monde féminin, foyer de l’amour maternelle et le monde des hommes, des privilégiés, entre Hamel le berger et R’nia la fille de bédouins. Entre insouciance et différence, entre enchantement et bouleversement, Salim va s’initier au plaisir, à la découverte sexuelle avec la garçonna.
"Longues nuits sans sommeil où je repasse les images inédites de notre folle empoignade. Je navigue entre le dégoût de mon corps vierge souillé bestialement, ce qui m’interdira à coup sûr les portes du Paradis, et le désir fantasmatique de revoir et de toucher l’intimité de ma bédouine" (page 40).
Bencheikh nous dépeint une chronique familiale et villageoise, celle du jeune Djilali, mais aussi celle de ces enfants de la paysannerie algérienne, de ces blédards. Une carte postale de l’Algérie qui voit poindre de nouveaux fourmillements, une nouvelle jeunesse qui oscille entre une éducation stricte, un monde masculin et viril, une relation ambigüe avec les roumis aux mœurs bizarres.
"Aveugles nous l’étions: admiratifs et respectueux de l’étranger, nous n’avions que haine et mépris pour tout ce qui provenait du proche. Incapables de nous élever à hauteur de nos seigneurs, nous réglions nos frustrations dans d’interminables querelles internes" (page 22).

Suite à un accident grave de voyageur
Avis posté le 23/07/2014
Souffrance
« Leur détresse pourtant est un cri qui nous est adressé » (page 32), mais qui l’entend réellement, qui ouvre les yeux après ce choc ? « En niant cette souffrance, on ne laissait aucune chance au désespéré de partager son mal-être. Une douleur flottait dans l’air. Elle planait, menaçante. Personne ne la prenait en charge. Trop lourde à porter»(page 20). Leur destin s’arrête soudain au terminus d’une rencontre avec un train, billet simple pour la mort. « Impuissants à se trouver la plus petite raison de poursuivre le chemin. Il leur fallait une interruption brutale » (page 31). Mourir sans souffrir, souffrir pour vivre, « certains mots ont la force du désespoir », et certaine mort offre un espoir.
Trois morts, trois suicides consécutifs et derrière la sempiternelle formule consacrée qui retentit dans les hauts parleurs « suite à un grave accident…le trafic sera perturbé pour une durée indéterminée ». Mais qui se cache derrière cette détresse inconnue, derrière ce mot personne ? Eric Fottorino tente de remonter aux racines de cette déshumanisation, de comprendre ce désintérêt, ces silences énigmatiques des institutions, des voyageurs car c’est « le temps des trains plutôt que le temps des morts » qui prévaut aujourd’hui. Comme le train, la vie doit reprendre son chemin qu’importe l’obstacle. Une enquête sur les traces de l’individualisme, de l’égoïsme et de l’indifférence.

Viva la vida. Los sueños de Ciudad Juarez
Avis posté le 07/07/2014
- Révoltant
no mas cruces
Que valent les rêves, l’imagination, l’espoir face à la violence et aux meurtres ? Que peuvent les murs, les barbelés quand " le vent de la mort souffle au-dessus des frontières. Parce que lui, rien ne l’arrête. Il se moque bien de savoir à qui appartient le sang versé " (page 9).
Baudoin et Troub’s nous emmènent dans un échange impossible, un rêve, un portrait, un espoir, la mémoire d’une vie. Un témoignage silencieux et fort sur une ville, sur des conditions d’existences dans "la capitale mondiale du meurtre".
Ciudad de Juárez, état de Chihuahua, nord du Mexique. La vie, les rêves y sont les mêmes qu’ailleurs, travail, santé bonheur, seul le désir de paix semble plus fort. La différence est autre, terrée au fond des yeux. Les regards ne trichent, ne mentent pas. Leur silence est plus fort, plus éloquent. "Ce que dit un regard est plus franc, moins réfléchi, plus intérieur, intraduisible avec des mots. Il est arrivé que celui que je questionnais lise ma déception dans l’écoute de sa réponse, dans son silence il me disait alors :"Tu as bien lu, remplis les blancs"" (page 122). Ils recèlent la peur, la souffrance, la misère et l’espoir. Ils taisent les morts, la drogue, ces gangrènes qui rongent leur ville, leur vie. " C’est si fragile et si fort une vie" (page 42).
Mais ici à Juarez, capitale mondiale du meurtre, la vie peut s’arrêter très vite surtout pour une jeune femme… car ici "une femme malhonnête ça donne des idées aux hommes, ça réveille des haines antiques de la femme . (…) Près de 500 femmes assassinées, 600 disparitions depuis 93" (page 22).
Baudoin et Troub’s nous content leur quotidien, dressent des portraits de ces gens en échange d’un bout de leur intimité, un morceau de leur rêve. Deux troubadours de la vie et du rêve jonglant avec l’espoir, la paix. Ils nous embarquent dans cette quête de liberté et de fuite car en face rayonne la frontera, El Paso et le reflet de la réussite américaine bien loin des maquiladoras et des narcotrafiquants. Une histoire à quatre mains pour "dire la vie dans cette ville où l’on meurt", pour "voir ce qu’il y a derrière la vie". Un voyage pour que les rêves deviennent réalité, pour qu’ils ne soient plus des cauchemars, parce que le souvenir, l’espérance, l’amour doivent être plus fort que la vie et la violence: no mas cruces.