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Marion Liéval

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Les dernières notes et avis

Notes et avis 1 à 8 sur un total de 77
Le rocher blanc
Avis posté le 27/08/2022
    Le rocher blanc
    Seul élément de permanence dans un monde en perpétuel bouleversement, repère spirituel pour des âmes en proie au tumulte, le Rocher Blanc est aussi a priori le seul point commun entre quatre histoires situées à quatre siècles différents. Des destins bousculés et tragiques, mais dont le Rocher Blanc semble faire ressortir toute l'humanité dans ce qu'elle a de meilleur - et dans toute sa folie désespérée. Une lecture déroutante, qui résonne longtemps après.
    La ligne de nage
    Avis posté le 27/08/2022
      La ligne de nage
      La nage comme une respiration, une nécessité, un moyen de rassembler ses pensées et d'affronter la vie - quand soudain, une fissure au fond de la piscine, métaphore de la mémoire qui s'effrite, vient tout dérégler. Un roman surprenant, au style hypnotique, plein d'un humour et d'une ironie distillés par petites touches, empreint également de tendresse et de mélancolie.
      Le coeur ne cède pas
      Avis posté le 27/08/2022
        Le coeur ne cède pas
        Après avoir dévoré les presque 2000 pages du Dossier M, quelle ne fut pas ma joie d'apprendre que Grégoire Bouillier avait récidivé avec Le cœur ne cède pas - "seulement" 912 pages, malheureusement. Quel plaisir de se promener dans les méandres de la pensée arborescente de l'auteur, de s'y perdre, de se laisser surprendre et dérouter. Comment parler des livres de Grégoire Bouillier ? Un art consommé de la digression, qui va pourtant droit au but, touche droit au cœur. Une érudition jamais pesante. Un humour ravageur. Dans Le cœur ne cède pas, à partir d'un fait divers macabre et fou, Bouillier nous entraîne dans une entreprise elle aussi un peu folle, un tantinet obsessionnelle, mêlant l'autobiographie à la biographie, brouillant les pistes entre réalité et fiction en se jouant de tous les codes avec un enthousiasme presque enfantin, et en même temps un talent qui tient du génie. Si je ne devais retenir qu'un livre de cette rentrée littéraire, ce serait assurément celui-ci.
        In carna. Fragments de grossesse
        Avis posté le 02/08/2022
          In carna
          Nous sommes ici à mille lieues du guide de grossesse ou même du simple témoignage, et c'est réjouissant de voir des auteurs s'emparer du thème de la grossesse pour en explorer, en même temps que la dimension éminemment physique et émotionnelle, les implications sociales et politiques. L'écriture est d'une grande fluidité, les réflexions passionnantes, et les nombreuses références à d'autres ouvrages donnent envie d'aller plus loin. A mettre entre toutes les mains, y compris - surtout ? - masculines !
          Simon et Merveilles
          Avis posté le 30/05/2022
            Simon et Merveilles
            Un récit plein d'émotion, de colère parfois, mais aussi de tendresse, d'amour et d'humour, qui interroge finement le rapport de la société au handicap et à la différence. La plume à fleur de peau de Laure Vialleton nous fait dévorer "Simon et merveilles" d'une seule traite, avec au bout l'envie de rencontrer ce petit garçon puis ce jeune homme que l'on voit grandir et s'épanouir au fil des pages.
              Sacrés lapins !
              De l'humour, de l'aventure, du suspense... un cocktail détonnant à conseiller dès 8 ou 9 ans pour les bons lecteurs !
              La femme qui fuit
              Avis posté le 03/08/2019
                Peut-on être mère et artiste ?
                Anaïs Barbeau-Lavalette s'est lancée sur les traces de sa grand-mère, l'artiste et poétesse canadienne Suzanne Meloche, pour tenter de comprendre cette femme qui brisa le cœur de sa propre mère en l'abandonnant à l'âge de 3 ans. L'auteur a fait appel à un détective privé pour rassembler des informations sur cette grand-mère qu'elle n'a quasiment pas connue, mais c'est d'une écriture d'une grande poésie et avec une empathie rare qu'elle comble les trous de sa biographie afin de se rapprocher de cette femme, grandie dans un Canada d'après-guerre corseté et étouffé par le clergé, mais qui dès l'enfance se singularise par une intelligence hors normes, un goût puissant de la liberté, une sensualité exacerbée et une volonté farouche de s'extraire de son milieu et de ne pas suivre les traces de sa mère, éteinte par les grossesses répétées. Outre l'occasion de découvrir le mouvement automatiste canadien, que je connaissais peu, ce roman m'a bouleversée. Comment ne pas comprendre Suzanne, comment ne pas l'aimer, comment ne pas la plaindre, comment ne pas la détester ? Et en filigrane cette question : peut-on être mère et artiste à la fois, peut-on être mère et rester libre ? Question à laquelle Anaïs Barbeau-Lavalette nous offre sa réponse personnelle dans les dernières lignes de ce très beau roman.
                Dans le jardin de l'ogre
                Avis posté le 03/08/2019
                  Un premier roman d'une grande maîtrise
                  Leïla Slimani a l'art de s'emparer de thèmes dérangeants. Avec "Chanson douce", qui relève le défi de traiter sans complaisance ni sensationnalisme du meurtre de deux petits enfants par leur nourrice, elle a reçu le prix Goncourt, mais son premier roman "Dans le jardin de l'ogre" n'est pas en reste. Adèle souffre d'une addiction au sexe, à la conquête, elle se frotte aux hommes à s'en faire mal, à y laisser des plumes. Elle s'efforce de mener une vie normale auprès de son mari et de son fils, de s'intéresser à eux, à son travail, mais rien d'autre ne trouve pourtant d'intérêt à ses yeux que ces hommes qu'elle consomme à un rythme de plus en plus frénétique. A mesure qu'Adèle se noie dans ses mensonges et flirte avec ses limites, le sentiment d'oppression grandit chez le lecteur... D'une écriture ciselée, Leïla Slimani signait là une entrée fracassante dans le monde de la littérature.