C'est à une part de l'être ôtée à soi qu'on doit en fait ce que nous sommes : partis en quête, sitôt au monde, d'une autre réalité que l'on poursuit jusqu'aux enfers, où elle se détourne de soi au moindre regard. Cette autre réalité, omise, nous revient en chaque mot, d'où les morts voient s'éloigner, chaque jour un peu plus, l'écho d'une dernière parole émise de leur vivant. On n'entend plus la vérité que l'oreille collée au mur d'un tel silence, mitoyen avec cette autre vraisemblance
le réel enlevé. On la regarde comme l'être aimée derrière son nom - et comme ce monde, qui s'étend nu sous la parole.
C'est à une part de l'être ôtée à soi qu'on doit en fait ce que nous sommes : partis en quête, sitôt au monde, d'une autre réalité que l'on poursuit jusqu'aux enfers, où elle se détourne de soi au moindre regard. Cette autre réalité, omise, nous revient en chaque mot, d'où les morts voient s'éloigner, chaque jour un peu plus, l'écho d'une dernière parole émise de leur vivant. On n'entend plus la vérité que l'oreille collée au mur d'un tel silence, mitoyen avec cette autre vraisemblance
le réel enlevé. On la regarde comme l'être aimée derrière son nom - et comme ce monde, qui s'étend nu sous la parole.