Par-delà la mort de leur auteur, les écrits de Duras questionnent inlassablement. Ils parlent de dissidence intellectuelle, de compassion psychologique et politique, de mondes effondrés. Ce livre approche ce théâtre mental tragique et exalté, il esquisse ce qu'on pourrait appeler le système de l'oeuvre de Duras. Une oeuvre tout entière travaillée par le régime du glissement, de l'empiétement, comme aspirée par le néant. Une oeuvre qui a, pendant plus de cinquante ans, désigné le silence déchiré. Il s'agit ici d'approcher une fantasmatique profondément pessimiste qui, en faisant éclater les contours du langage, sa syntaxe, aussi bien que ses concepts, dit l'horreur de l'arrachement, la nostalgie de l'infini et le goût du désastre. L'analyse s'articule autour de trois moments coïncidant avec trois perspectives distinctes, mais solidaires : ce qu'on se risque à désigner comme une anthropologie, une théologie négative, puis une phénoménologie de la représentation qui débouche sur une ontologie de la douleur. C'est qu'en effet, cette lecture se veut avant tout soucieuse de manifester, chez Duras, une sensibilité habitée par une tonalité fondamentale : la douleur d'être au monde.
Par-delà la mort de leur auteur, les écrits de Duras questionnent inlassablement. Ils parlent de dissidence intellectuelle, de compassion psychologique et politique, de mondes effondrés. Ce livre approche ce théâtre mental tragique et exalté, il esquisse ce qu'on pourrait appeler le système de l'oeuvre de Duras. Une oeuvre tout entière travaillée par le régime du glissement, de l'empiétement, comme aspirée par le néant. Une oeuvre qui a, pendant plus de cinquante ans, désigné le silence déchiré. Il s'agit ici d'approcher une fantasmatique profondément pessimiste qui, en faisant éclater les contours du langage, sa syntaxe, aussi bien que ses concepts, dit l'horreur de l'arrachement, la nostalgie de l'infini et le goût du désastre. L'analyse s'articule autour de trois moments coïncidant avec trois perspectives distinctes, mais solidaires : ce qu'on se risque à désigner comme une anthropologie, une théologie négative, puis une phénoménologie de la représentation qui débouche sur une ontologie de la douleur. C'est qu'en effet, cette lecture se veut avant tout soucieuse de manifester, chez Duras, une sensibilité habitée par une tonalité fondamentale : la douleur d'être au monde.