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Les dernières notes et avis
Notes et avis 1 à 4 sur un total de 4
L'archipel du chien
Avis posté le 19/03/2018
Roman coup de gueule
A travers la métaphore d’une île où s’echouent trois corps et la réaction de ses habitants, une critique acerbe de la lâcheté humaine accrochée à son confort...

Mes années barbares
Avis posté le 09/02/2016
- témoignage
- femme
- poignant
- courage
- rue
Un témoignage d'une force inouïe
Voici un livre-témoignage violent, à l'image de ce que la vie peut-être lorsque tout s'enraye. On suit l'auteure dans une descente aux enfers qui commence à l'âge six ans, lorsque son frère la viole. Un drame qui n'est que le prélude d'un enchaînement implacable: on subit avec Anne l'omerta de la petite bourgeoisie qui pour sauver les apparences, préfère sacrifier une enfant, on fuit à Paris avec elle à l'âge de 18 ans, et dès lors c'est sans issue, on sombre dans la violence de la rue, violence qui se déchaine avec plus de cruauté encore quand on a la malchance d'être femme, on s'enfonce dans la saleté, la faim, on subit les viols collectifs... C'est une réalité qui échappe à ceux qui ne l'ont pas vécue: le sort que les femmes SDF subissent, dans Paris même, lorsque la nuit tombe et que toutes les portes se sont refermées.
Ce qui est terrible dans ce livre est que tout cela n'est pas une fiction. Anne a vécu le pire. Et si aujourd'hui elle s'en est sortie, cela continue pour d'autres au moment même où vous lisez ces lignes.
Mais ce livre est aussi plein d'espoir, car malgré toute cette noirceur, cette femme qui aurait dû être brisée par la vie, garde envers et contre tous la force de continuer à lutter. Et ce sont ses deux enfants qui lui donnent cette volonté farouche. Par une superbe ironie, c'est sa condition même de femme, qui semblait la condamner à subir, qui lui donnera la force de se battre, à travers la maternité.
Il n'y a pas de hargne, pas d'aigreur dans ce récit, mais une volonté farouche de s'en sortir coûte que coûte. Et ça marche. Aujourd'hui, peu à peu, Anne construit sa nouvelle vie. Témoigner n'a pas dû être facile pour elle, mais certainement une nécessité: pour nous conduire à une prise de conscience indispensable, pour qu'on ne puisse plus dire "on ne savait pas..." Mais aussi pour prouver aussi que c'est possible, que l'on peut se sortir de tout.
Un immense bravo à l'auteure pour son courage ! Puisse son message être entendu par le plus grand nombre !

La prétendue innocence des fleurs
Avis posté le 16/05/2015
- Paris
- Venise
- Fleur
- romance
- Nîmes
- Thriller psychologique
Une partition de maître jouée à quatre mains !
"Nos vies sont comme des notes, qui, bien qu'ayant une seule vibration déterminée, se font entendre dans une infinité de musiques."
Voici un roman qui bat au rythme des messages des fleurs et du concerto en sol de Ravel, un roman où les auteurs réussissent la prouesse d'un accord parfait entre thriller et romance. Pas un bémol à cette belle harmonie qui mêle un sens aigu du suspens et une gravité dans l'analyse psychologique des personnages. On suit avec passion l'enquête policière de Marc, jeune juge d'instruction confronté à des situations dont l'extraordinaire prend le contrepoint de son esprit cartésien... Car enfin qui orchestre dans l'ombre cet incroyable jeu de piste? Comment celle dont le piano l'avait envoûté, huit ans plus tôt pourrait-elle être revenue? La voix des morts peut-elle transmettre des messages aux vivants...?
Comme une composition musicale qui irait crescendo, ce roman au tempo parfait explore finement toute la gamme des sentiments (amour, amitié, haine, colère, passion, confusion, remords...) avec une écriture qui sonne juste, tandis que mezza voce on nous susurre que la vérité est là, toute proche: après tout, bien des clés sont dans la musique...
A l'image de la vie qui n'est jamais monocorde, "La prétendue innocence des fleurs" a la beauté et la profondeur d'une symphonie. Et les notes de cette symphonie enivrante continueront longtemps à vous trotter dans la tête...
