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Les dernières notes et avis

Notes et avis 1 à 8 sur un total de 84
Tout est fatal
Note donnée le 28/10/2014
Sac D'Os
Avis posté le 18/09/2014
  • Terrifiant
  • ambition
L'un de ses plus grands livres...
Stephen King, spécialiste de l'horreur, aura attendu près de 25 ans pour consacrer l'un de ses romans au mythe du fantôme. Si ceux-là étaient bien présents dans Shining (1977), Sac d'os (Bag of bones en anglais) est le premier à en constituer la thématique principale. C'est peut être qu'il ne voulu pas bafouer un thème pour lequel il ne lui était pas permis d'échouer ; ou c'est peut être autre chose. Quoi qu'il en soit, ce Sac d'os demeure l'un de ses romans ayant reçu le meilleur accueil de la critique lors de sa sortie, d'ailleurs récompensé en 1998 par plusieurs prix littéraires (Prix Locus du meilleurs roman d'horreur, Prix Bram Stoker, Prix British Fantasy), demeurant ainsi le livre de Stephen King en ayant le plus remportés. S'il semble avoir encore repoussé ses limites avec 22/11/63 publié en 2013, Sac d'os s'impose en ce qui me concerne comme l'une de ses œuvres majeures au même titre que Misery par lequel j'ai découvert King lors de mon adolescente et pour qui je garde une certaine empathie ou La Part des ténèbres que je place très haut dans la hiérarchie, au coté donc de son uchronie Kenedienne. Mais comme je n'ai pas encore une vue globale de son oeuvre, la hiérarchie pourrait très vite changer, au gré de mes futures lectures puisque pas moins de 10 de ces romans Ça, Histoires de Lisey, Duma Key, Coeur perdus en Atlantide, Rose Madder, Salem, Baazar, Tout est fatal, Nuit Noire, Etoiles mortes ; Joyland m'étant encore inconnus ont récemment rejoint ma PAL au coté de Toni Morrison ou Philip Roth. "C'est peut être stupide, mais il peut arriver que les choses marchent simplement parce qu'on pense qu'elles marchent. Il y a là une définition de la foi qui en vaut bien une autre." Sac d'os est un roman riche, construit à l'aide de l'écriture volontairement lente et travaillée de l'écrivain qui a désormais tout son temps. Stephen King a réussi avec brio ce projet si ambitieux : mêler les thèmes de l'amour et du veuvage, du processus de création pour une matière principale (les fantômes) qui n'en devient que le vecteur ; servant à en faire éclater un dernier, le plus puissant du roman et qui en fait le dénouement le plus surprenant et peut être le plus profond de toute son oeuvre. Car sous couvert de l'épouvante ou de la SF, Stephen King ne cessera jamais d'égratigner l'âme humaine, gangrenée par les plus vils vices. Là où les lenteurs pourtant indispensables de Sac d'os pourraient en faire abandonner plus d'un, Sephen King nous garde sous sa coupe à l'aide de son talent indéniable, la création de personnages toujours plus profonds, pour qui l'on s'attache et parfois s’identifie en quelques pages ; leurs destins même morts (la magie du fantôme) en deviennent alors indispensables. Ainsi, le livre achevé, nous penserons encore un moment à Kyra Devory personnage rappelant les nombreux autres personnages d'enfants émaillant ces histoires ; cette petite fille de trois ans n'est pas sans rappeler Abra Stone de Docteur Sleep, Charlie dans le roman éponyme ou le petit Danny Torrance de Shining. D'ailleurs, Stephen, Kyra Devory a aujourd'hui près de 20 ans, a-t-elle comme Danny, su survivre à ses démons ? AL http://blowawaydandelion.blogspot.fr/2014/05/sac-dos-de-stephen-king.html
Le monde selon Garp
Avis posté le 18/09/2014
  • Original
  • inspiration
  • surréaliste
  • baroque
Le roman qui a fait connaitre John Irving.
En ayant entamé un cycle sur les grands romanciers américains, je pouvais difficilement passer à coté du roman de John Irving, Le Monde selon Garp. Régulièrement cité dans les listes des grands classiques d'outre atlantique, je laissais donc un pavé culte (Le Bûcher des vanités de Tom Wolfe) pour un autre. J'ai rarement eu autant de sentiments contradictoires pour un roman, tant de moments de jubilation que de profond ennui dans une seule oeuvre. Je manquai sans doute de préparation. J'aurais peut être du souffler après Tom Wolfe. Ne pas m'y jeter à corps perdu sans en savoir un peu plus. Car Le Monde selon Garp est une oeuvre magistrale et comme toutes les œuvres de ce genre elle peuvent agacer autant que de pousser à l'adoration. Évidemment, je ne m'en rendis pas compte mais j'enchaînais en fait deux romans totalement opposés. L'un conçu et écrit de manière journalistique (certains affirment encore que ce qu'écrit Tom Wolfe n'est pas du roman...) quand l'autre, loufoquerie baroque parfois quasi surréaliste, s'il comporte des thèmes directeurs que l'on retrouvera ensuite parsemés dans toutes son oeuvre (La prostitution, la lutte, Vienne, la mort, le féminisme, l’absence du père...), est écrit laissant la part belle à l'inspiration. Ainsi de nombreuses longueurs parsèment le livre et il faut s'armer d'une certaine patience pour pouvoir goûter par ailleurs à des passages de littérature d’anthologie. Je cite ainsi La Pension Grillparzer, la première nouvelle écrite par Garp, l'écrivain naissant qui peut même se lire de façon indépendante tant elle nous en apprend sur la création littéraire et plus particulièrement sur l'idée de l'écriture créatrice, très populaire aux États-Unis. De création littéraire, il en est question ça et là, tout au long de ce bouquin qui a lui seul constitue un véritable manuel d'écriture et de ces moteurs. Et puis il y cette plume magistrale, cette orfèvrerie syntaxique qui achève de porter John Irving dans le firmament des plus grandes plumes contemporaines américaines. Le Monde selon Garp a été publié en 1978, dans une époque déjà révolue. Aujourd'hui ce genre d'OVNI littéraire serait certainement refusé par toutes les grandes maison d'édition, calibrage oblige. Pourtant, si tant est que vous ayez décidé d'une parenthèse littéraire où la patience serait de mise, où la contemplation deviendrait votre credo et l'inutilité apparente côtoierait le prodige pour en devenir indispensable, vous ne seriez pas loin de tomber en amour pour John Irving. Maintenant, vous savez, vous pouvez sauter. AL http://blowawaydandelion.blogspot.fr/2014/05/le-monde-selon-garp-de-john-irvng.html
Joyland
Avis posté le 18/09/2014
  • Enfance
  • années 70
  • fete foraine
King revisite le mythe de la fête foraine.
Lorsque comme moi l'on se (re)met subitement à lire Stephen King, l'on se prévient d'un risque - ne plus savoir quoi lire, mais l'on s'impose également une frustration - la presque impossibilité de l'exhaustivité, à moins de lui offrir l'intégralité de son temps de lecture au vue de sa production toujours aussi prolifique. Ce n'est pas mon cas même si beaucoup de ses romans ont investis ma PAL et qu'il semble être devenu le fil rouge ou point de repère de celle-ci. Depuis sa visite en France en novembre dernier, j'y ai donc consacré plusieurs chroniques (22/11/63, Sacs d'Os, Sale gosse, Dr Sleep, Running Man) et c'est tout naturellement que Joyland sa dernière publication est tombée dans mon escarcelle. Tiens ! Pour une fois une quatrième de couverture qui ne raconte pas la moitié du livre... Est-elle bonne pour autant ? Oui et non car si elle demeure suffisamment énigmatique, elle est quasi mensongère. En effet, en évoquant la peur des clowns, Albin Michel nous renvoie évidement à Grippe Sou la presque incarnation du mal de Ça (la toute prochaine chronique livre de Dandelion) et qui en prend souvent la forme. Peur et angoisse ? Assurément pour l'éditeur qui craignant sans doute que les lecteurs potentiels de Joyland n'y recherchant que l'horreur et l'épouvante rattachées viscéralement à son nom ne soient un tant soit peu refroidis par un pitch plus proche de son contenu. C'est que Stephen King s'accorde parfois des histoires un peu moins horrifiques comme les trois premières novellas du formidables recueil Différentes Saisons ( Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank, Un élève doué, le corps - Stand by me en anglais, oui Albin Michel !) ou La Ligne Verte avec tout de même pour ce dernier une touche de fantastique. Touche de fantastique dont il est tout de même également question dans Joyland, un parc d'attraction au bord de la plage d'Heaven's Bay en Caroline du nord où, au delà de ses attractions phares La Carolina Spin et le Thunderball, le meurtre sordide d'une jeune femme, Linda Gray, sauvagement égorgée, y a été commis. Celle-ci qui semblerait hanter l'attraction dans laquelle elle a perdu la vie, "La maison de l'horreur". C'est dans ce parc que Devin Jones, un jeune garçon de 21 ans, alors qu'il est en train de subir sa première déception amoureus,e va s'engager pour l'été afin de gagner les deniers nécessaires pour lui éviter de devoir travailler pendant son année universitaire. On a souvent été à deux doigts de le faire, mais sans jamais vraiment aller jusqu'au bout. Elle refusait à chaque fois et je ne l'ai jamais forcée. Dieu m'en est témoin, je me montrais galant. Je me suis souvent demandé ce qui aurait pu changer (en bien ou en mal) si je ne l'avais pas été. Aujourd'hui je sais que les mecs galants tirent rarement leur crampe... Brodez ça sur un canevas et accrochez-le dans votre cuisine. Il s'y fera des amis pour la vie (Erin Cook et Tom Kennedy), deviendra en quelque sorte et le temps d'un été la mascotte du parc et finira, poussé par une force mystérieuse à vouloir coûte que coûte résoudre le meurtre de Linda Gray. J'entend ça et là certains fans du King considérer Joyland, comme mineure au milieu de ces plus récentes publications. S'il est vrai qu'il est surement moins ambitieux que le fabuleux 22/11/63, Sac d'Os ou Histoire de Lisey, Joyland ce roman d'apprentissage mâtiné de polar a le mérite de nous raconter une histoire émouvante sur le difficile passage de l'adolescence à l'age adulte, période pendant laquelle les choix sont pourtant si cruciaux, sur les premières désillusions amoureuses et sur les rencontres fondatrices pour le reste de l'existence. Avec comme cerise sur le gâteaux un travail énorme (de recherche mais aussi de pure invention précise t'il dans sa postface) effectué par Stephen King quant à cette véritable langue des forains, "la parlure" qui donne à Joyland une vrai authenticité et permet de nous immerger un peu mieux dans les coulisses d'un parc d'attraction du début des années 1970. Chapeau donc à Nadine Gassie et Océane Bies les deux traductrices françaises qui ont su transposer "la parlure" de façon si probante. Joyland un Stephen King qui sans proposer la dose habituelle d'effrois pourrait bien, avec une fin très touchante, nous tirer quelques larmes... Les gens trouvent que les premières amours sont tendres. Et jamais plus tendres que lorsque ce premier lien se brise... Il y a bien un millier de chansons pop et country à l'appui : des histoires d'imbéciles qui ont eu le cœur brisé. Le fait est que ce premier cœur brisé est toujours le plus douloureux, le plus long à guérir, et celui qui laisse la cicatrice la plus visible. Tendre, vous croyez? AL http://blowawaydandelion.blogspot.fr/2014/06/joyland-de-stephen-king.html