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Le ciel tout autour
Avis posté le 28/10/2012
- XXe siècle
- Texas
- Peine de mort
Un grand texte
Amanda Eyre Ward réussit le difficile pari d’écrire un excellent roman choral sur le thème de la peine de mort, en abordant les différents points de vue, du condamné à la famille des victimes, en passant par les professionnels du milieu carcéral ou les citoyens et les médias, et ce sans jamais tomber ni dans le voyeurisme ni dans le jugement facile. Là où L’arbre des pleurs sombrait dans la facilité et la démagogie, Le ciel tout autour présente une réalité brute et sans concession. Karen est coupable des meurtres pour lesquels elle a été condamnée. Il n’est point ici question d’erreur judiciaire. Il en va de même de ses co-détenues. Mais l’auteur nous montre des femmes, avec ou sans regrets, avec des passés difficiles, dont les victimes n’étaient pas toujours forcément si innocentes, ou parfois si. Bref, pas question de se dire ici que c’est injuste. On ne peut qu’avoir une opinion sur des faits, mais dans toute leur globalité, avec le bon et le mauvais. Amanda Eyre Ward présente aussi les victimes, leur colère, ce qu’elles doivent subir au quotidien, la perte de l’être cher mais aussi la prise de conscience que l’exécution ne les soulagera pas ni ne leur apportera la paix. Mais la romancière ne s’arrête pas là et montre que chaque être humain réagit différemment face à ces meurtriers, que ce soit leurs gardiens, leurs médecins, les citoyens pro ou anti peines capitales. Et toujours ces médias assoiffés de sang humain, au point qu’il n’y a plus aucun respect et que les journalistes ressemblent à des vautours qui se repaissent du malheur d’autrui.

Balthazar Jones et le Zoo de la Tour
Avis posté le 21/10/2012
- Drôle
- XXe siècle
- Londres
- Tour de Londres
- Attendrissant
- Surprenant
Loufoque
Balthazar Jones et le zoo de la Tour se présente comme un roman anglais dans la plus pure tradition de l’humour pince sans rire et de la loufoquerie. Les situations cocasses et hilarantes se succèdent sous la plume à la fois humoristique, piquante mais aussi sensible de Julia Stuart. Car si ce récit fait beaucoup rire, il émeut également. Balthazar et sa femme Hebe ont vécu un drame quelques années après avoir emménagé dans la tour : la perte de leur fils unique. Et cet événement les a irrémédiablement éloigné. Cela sert un peu de fil rouge au roman. Julia Stuart réussit donc à traiter un sujet dramatique d’une manière délicate et tendre au milieu d’une narration burlesque et complètement folle. Il faut dire que les habitants de la tour sont attachants sous leurs côtés doux dingues, qui cachent parfois des blessures profondes. Car autour du couple Jones, d’autres protagonistes savoureux gravitent : le révérend vieux garçon qui écrit de la littérature érotique, le hallebardier en chef terrorisé par les fantômes ou encore Ruby Dore, jeune femme qui tient le pub de la Tour, avec son caractère bien trempé.
En plus de nous divertir, ce roman réussit aussi à nous cultiver car il nous apprend de nombreuses anecdotes, des plus sérieuses aux plus sanglantes ou aux plus délectables sur l’Histoire de la Tour de Londres. Et cela sans lourdeur. Le métier de Hebe Jones donne lieu aussi à des moments hilarants ou bouleversants. Elle travaille au bureau des objets perdus du métro de Londres et l’imagination de Julia Stuart s’est véritablement envolée dans les passages qui y sont consacrés. Un régal.