Retour




Les dernières notes et avis
Notes et avis 1 à 8 sur un total de 13
Nos silences sont immenses
Avis posté le 19/11/2022
mon avenir est dans mon passé
"Nos silences sont immenses "de Sarah Ghoula, une petite pépite, elle relate le destin d'une jeune fille née, aux portes du désert algérien, « Zohra », la dernière-née d'une fratrie de neuf filles d'une mère veuve « Lalla Selma » croyant que la naissance de cette dernière fille est la malédiction personnifiée (da3we souaa) la vie va lui prouver le contraire.Ce bébé né dans un silence assourdissant, transgressé par les couleurs de ses yeux (un œil vert et l'autre bleu), abasourdi par son corps chétif, cette enfant atypique va attirer l'attention d'une vieille dame qui verra en elle ; ce que l'œil d'un simple mortel ne verra jamais : ses dons invisibles. Sous les conseils de cette dernière, «Lalla Selma » la confira à une grande guérisseuse « Lalla M'barka » auprès d'elle Zohra découvrira et développera ses dons, apprendra à guérir grâce aux plantes, guérir les corps et les âmes meurtries par le poids de la vie ; la petite trouvera du réconfort auprès de son amie Ismahane. Un faux pas va obliger Zohra à rentrer chez elle, la maman tyrannique et égocentrique va profiter énormément des dons de sa fille ce qui va sincèrement déplaire pas uniquement à Ghalya (la tisseuse qui transcrivait l'histoire des gens sur ses tapisseries) mais aussi à l'imam Mokhtar. L'hyper exposition de cette enfant met et mettra en péril la somme des traditions orales de tout un peuple, une nation. Apprendre à cet enfant prodigue à lire et à écrire est une chose primordiale pour l'imam espérant ainsi et grâce à Zohra de sauvegarder et de transmettre aux futures générations la culture et le patrimoine de notre société menacés par un nouveau mode et la colonisation aux portes du pays. Une écriture poétique, plein de symboles fluide véhiculant une mosaïque de sensations, une lecture que j'ai énormément appréciée (thématique et écriture) néanmoins un chewia de frustration engendrée par une fin ouverte laissant aux lecteurs le soin d'imaginer le destin de cette petite fille bien déterminée à laisser sa trace dans un mode en pleine mutation (quelques bribes de ce destin sont relatées dans les premières pages du roman.)

Elle était ma première terre
Avis posté le 19/11/2022
Elle était ma première terre
« Elle était ma première terre » de Soumya Ammar Khodja aux éditions @parole_editions , est un texte intime, un récit des derniers instants d'une fille (Naila) avec sa mère, une mère atteinte d'un cancer des reins au stade final, elle rentre au pays, l'Algérie, pour être au chevet de sa mère pendant son hospitalisation. Un texte plein de tendresse, de pudeur, de souvenirs, de réminiscence, un texte dur et pudique. Au sein de cette perle nacrée des thèmes plus sombres : l'exil, le dilemme identitaire, l'absence d'empathie du corps médical envers la douleur des patients en fin de vie, résultant de la surcharge et manque de moyens le sujet plus délicat est la fin de vie choisie, « l'euthanasie ». Je ne vais pas vous cacher que j'ai eu à plusieurs reprises les larmes aux yeux.
Extrait :« Je vis sans elle. Son Dieu était compréhensif et ne lui tenait pas rigueur de ses infidélités et de ses libertés. Soucieuse de ses enfants et du monde, elle lui demandait d'intercéder, de donner un coup de pouce, de faire descendre sur cette terre violente et inapaisée un peu de sa rahma, de sa miséricorde.
Je suis née dans sa chair. Elle était ma première terre, mon seul pays natal.

La maquisarde
Avis posté le 19/11/2022
ma mère mon héroïne
La maquisarde de Nora Hamid est un récit autobiographique romancé (c'est écrit à la première personne.) par lequel l’auteure rend hommage à sa mère et à toutes ces femmes, maquisardes, moudjahidates et martyres algériennes, mais aussi ces femmes françaises qui étaient là, auprès de ces femmes et de la cause algérienne.Le fait se déroule en 1956 en pleine révolution algérienne, Neïla, 16 ans, une jeune paysanne kabyle de Sidi Ali Bounab (je suis native de cette région et je vis toujours à Mirabeau Draa ben khedda aujourd’hui, pour vous dire ma surprise de découvrir ce personnage oublié par la grande histoire.) va rejoindre la lutte armée auprès de son frère et de son bien-aimé elle sera arrêtée et enfermée dans un camp de regroupement « centre de tri et de transit» à Tadmaït (actuellement un centre de formation professionnelle)elle aura comme compagnon de cellule une infirmière d'origine européenne, Suzanne, emprisonnée pour son soutient aux combat des algériens , une amitié sincère et profonde verra leur jour entre ces deux grandes femmes , elles connaîtrons la torture , l’humiliation et la privation des droits les plusÉlémentaires (un huis clos intense, parfois dur et cru, violant) Neila y s’échappera grâce à un jeune appelé de l’armé française et trouvera refuge à Alger (la casbah)avec sa mère (une autre héroïne) à l’indépendance elle épousera un émigré , s’exilera avec son lourd fardeau que Nora Hamid sa fille dénouera en lui rendant hommage par ce récit et un film ,.Le texte est aéré, l’écriture est fluide et rend la lecture agréable. Si Nora Hamid voulait rendre hommage à sa mère et toutes ces femmes révolutionnaires qui avaient un grand rôle actif pendant la guerre elle soulèvera et soulignera l’omission délibérée de l’Algérie post indépendance à ce sacrifice, à cet atout majeur qui est la participation de la femme algérienne à tous les niveaux ; de la femme qui préparerait à manger aux soldats, à celle qui lavait, soignait, cachait les soldats du FLN ; à celles dans les maquis prenaient les armes à côté de son père, frère, fils, mari. Un autre combat nous attend à nous d'être fidèle au serment de nos mères et grands-mères

Comme une image
Avis posté le 19/11/2022
coup de cœur
une jolie petite fille de 9 ans, elle est charmante, élégante avec un look irréprochable, impeccable, une vraie poupée en porcelaine, elle est intelligente, précoce, avec un QI élevé, l'aine d'un couple divorcé elle est la grande sœur de deux petits frères : l'un d'eux est un demi-frère issu du second foyer de son papa chéri. Elle porte un prénom mélodieux qui évoque le soleil et la chaleur de la Méditerranéen : Eulalie/Lalie.Mais voilà la réalité est autre, l'auteure nous invite dans la tête de ce petit ange pour découvrir un vrai démon, narcissique, égocentrique, manipulatrice, machiavélique à l'extrême diabolique une vraie sociopathe / psychopathe Magali collet va exceller dans la description de son et ses personnages elle arrive à nous donner des sueurs froides, une psychose et une ambition terrifiante s'installer (doucement, oh, je le confirme, mais sûrement.) notre cardiogramme s'emballe, s'accélère avec chaque page tournée , des questionnements viennent nous embrouiller l'esprit le pourquoi et le comment de la situation , de ce mal être qui dévore la petite au point d'arriver à dévorer son entourage .Magali Collet n'oubliera pas de parler des victimes (entourage direct et indirect) en décrivant l'épouvantable dilemme ; le terrible enfer des parents après la découverte la chair de leur chair est psychopathe et sociopathe, leur sacrifice pour protéger cet enfant de lui-même et protéger les membres de la famille et de la société . Un thriller noir court, dense, marquant, un énorme coup de cœur

Mokhtar et le figuier
Avis posté le 19/11/2022
tendre agréable
Dans la même lignée que Mohamed DIB ou MouloudFeraoun, Abdelkader Djemaï relate des faits des sociétés à travers la description du quotidien des petites gens. Comme dans "le camping ", un récit publié, l'auteur choisira le regard d'un enfant pour parler de la vie ordinaire et quotidienne des Algériens face à la misère, la pauvreté, mais aussi la solidarité à l'aube de l'indépendance. Mokhtar, un jeune enfant né dans un douar à l'ouest de l'Algérie, est obligé de quitter son village natal et son grand-père ainsi qu'un figuier ancestral symbolisant les racines de toute une famille. Mokhtar va découvrir la grande ville avec ses lumières, ses cinémas et la mer, et l'école, et un trésor infini, la lecture et le plaisir de lire. Avec une écriture fluide, on est rapidement dans l'histoire au milieu de ces personnages attachants partageant leurs peines et leurs joies et surtout un monde en mutation à travers le regard de Mokhtar. c'est le genre de récit qui ne revendique rien (du moins les sujets d'actualité déprimant) sauf le plaisir de lire. Une lecture tendre, magnifique et agréable que je vous conseille vivement.


