À paraître

Du mépris

Par : François Bégaudeau
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Bientôt disponible
La date de sortie de cet article n'est pas encore confirmée. Selon l'éditeur, il sera bientôt disponible.
  • Nombre de pages160
  • Date de parution14/04/2026
  • PrésentationBroché
  • Poids0.13 kg
  • Dimensions13,0 cm × 19,0 cm × 0,0 cm
  • ISBN978-2-487871-03-8
  • EAN9782487871038
  • ÉditeurCAUSE PERDUE

Résumé

Nous trouvons tous méprisables certains actes, gestes, attitudes, manoeuvres. Et dans le même temps nous détestons tous le mépris. C'est dans cette contradiction, dans cette brèche que "Du mépris" s'engouffre. S'il y a du méprisable il faut des méprisants pour l'émettre. S'il y a du méprisable, il y a des circonstances où le mépris est honorable. Mais quelles circonstances ? A quel propos honorer le mépris ? Au départ l'auteur n'en a qu'une très vague idée.
Il se lance dans ce texte les mains vides, chichement outillé d'une intuition ténue mais tenace. Cette affaire de mépris, il ne la sent pas ; comme on ne sent pas un nouveau collègue ou le mec d'une amie. Le mot mépris est douteux, douteux d'être cuisiné à toutes les sauces. D'être dégainé à tout propos, à table comme au lit, sur Twitter comme sur écoute, l'accusation de mépris devient suspecte. Comme souvent les grands mots, mépris cache quelque chose.
Sous le couvert du mépris autre chose se joue. Sous le couvert du mépris de classe, dont chacun accuse tous, autre chose se joue. Comme autre chose se joue sous le couvert du mépris culturel, dont pléthore de plaintifs se disent l'objet. De paragraphe en paragraphe, d'anecdotes personnelles en choses vues, le texte complique le fléchage du mépris, et parfois l'inverse. Les coutumières et confortables polarités se brouillent.
Qui méprise qui ? est une question à poser à nouveaux frais. Qui méprise le plus les gens, de Dany Boon qui proclame respecter le public populaire ou du critique atterré par l'indigence de ses productions ? Qui insulte le plus l'intelligence des gens ? L'adjectif populaire n'est il pas d'une condescendance achevée ? Chemin faisant, texte écrivant, il apparaît que celui qui crie au mépris documente avant tout le mépris qu'il se voue.
Il apparaît, par suite, que le mépris, qui par définition fonctionne de haut en bas, est la meilleure parade du bas contre le haut. Le meilleur mur à bâtir contre les assauts des nantis. Ils nous méprisent ? Méprisons leur mépris. Mieux que la colère, qui souvent n'ébranle que soi, beaucoup mieux que la haine qui souvent est haine de soi, le mépris devient l'affect porteur de toute politique d'autonomie.
Nous trouvons tous méprisables certains actes, gestes, attitudes, manoeuvres. Et dans le même temps nous détestons tous le mépris. C'est dans cette contradiction, dans cette brèche que "Du mépris" s'engouffre. S'il y a du méprisable il faut des méprisants pour l'émettre. S'il y a du méprisable, il y a des circonstances où le mépris est honorable. Mais quelles circonstances ? A quel propos honorer le mépris ? Au départ l'auteur n'en a qu'une très vague idée.
Il se lance dans ce texte les mains vides, chichement outillé d'une intuition ténue mais tenace. Cette affaire de mépris, il ne la sent pas ; comme on ne sent pas un nouveau collègue ou le mec d'une amie. Le mot mépris est douteux, douteux d'être cuisiné à toutes les sauces. D'être dégainé à tout propos, à table comme au lit, sur Twitter comme sur écoute, l'accusation de mépris devient suspecte. Comme souvent les grands mots, mépris cache quelque chose.
Sous le couvert du mépris autre chose se joue. Sous le couvert du mépris de classe, dont chacun accuse tous, autre chose se joue. Comme autre chose se joue sous le couvert du mépris culturel, dont pléthore de plaintifs se disent l'objet. De paragraphe en paragraphe, d'anecdotes personnelles en choses vues, le texte complique le fléchage du mépris, et parfois l'inverse. Les coutumières et confortables polarités se brouillent.
Qui méprise qui ? est une question à poser à nouveaux frais. Qui méprise le plus les gens, de Dany Boon qui proclame respecter le public populaire ou du critique atterré par l'indigence de ses productions ? Qui insulte le plus l'intelligence des gens ? L'adjectif populaire n'est il pas d'une condescendance achevée ? Chemin faisant, texte écrivant, il apparaît que celui qui crie au mépris documente avant tout le mépris qu'il se voue.
Il apparaît, par suite, que le mépris, qui par définition fonctionne de haut en bas, est la meilleure parade du bas contre le haut. Le meilleur mur à bâtir contre les assauts des nantis. Ils nous méprisent ? Méprisons leur mépris. Mieux que la colère, qui souvent n'ébranle que soi, beaucoup mieux que la haine qui souvent est haine de soi, le mépris devient l'affect porteur de toute politique d'autonomie.
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