La déchirure. Souffrance et déliaison sociale au XVIIIe siècle

Par : Arlette Farge
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  • Nombre de pages228
  • PrésentationBroché
  • Poids0.28 kg
  • Dimensions14,7 cm × 19,0 cm × 1,8 cm
  • ISBN978-2-227-47821-3
  • EAN9782227478213
  • Date de parution05/09/2013
  • ÉditeurBayard

Résumé

Depuis son travail avec Michel Foucault et Le gou t de l'archive, Arlette Farge sonde les archives de police afin d'appre hender la vie du petit peuple autrement qu'en termes ge ne raux et de donner ainsi une autre image du sie cle des Lumie res. Dans cet essai, un de ses plus personnels, l'auteur poursuit et tente de dire ce que furent les douleurs de ces e tres de peu, a partir des traces laisse es dans les proce s-verbaux les interrogatoires ou re cits des te moins, qui recensent, de manie re implacable, les noyades, accidents, agressions quotidiennes ; a partir aussi des e crits des plus aise s qui la plupart du temps ne voient pas cette mise re mais e changent sans cesse sur les maux, bien re els bien que diffe rents, qui affectent leurs propres corps.
Les correspondances des plus nobles viennent ainsi s'ajouter aux rares paroles des malheureux pour peindre une socie te ou l'attention au corps, l'expe rience de la douleur des plus aise s ne les rend pas moins sourds aux souffrances des autres. Sans cesse recommence , le travail de l'historienne vient surtout contredire un des discours les plus tenaces sur la douleur, qui voudrait que la durete de la vie entrai ne accoutumance chez ceux qui la subissent et qu'au XVIIIe me, une relative indiffe rence des couches populaires ait pre ce de une monte e de la sensibilite .

L'éditeur en parle

Que sait-on de la douleur au XVIIIe siècle, de la manière dont elle est ressentie, tout particulièrement dans les classes populaires si violemment agressées par leurs conditions de vie ? L'histoire est silencieuse à ce sujet, pourtant les archives de police recensent de manière implacable des accidents, noyades, agressions de chaque jour... Chez les plus aisés, bien que très souvent atteints de maladie, le mépris, parfois l'indifférence, prennent le pas sur une compassion qui, par moments, s'éveille.
Quel est donc ce siècle des Lumières, empli de philosophie du bonheur, du progrès et de l'idée d'égalité, si souvent aveugle et sourd aux corps souffrants des moins favorisés ? Dans cet essai, l'un des plus personnels, Arlette Farge interroge cette déchirure et l'un des discours les plus tenaces sur la douleur, qui voudrait que la dureté de la vie entraîne accoutumance chez ceux qui la subissent. C'est plutôt la société, celle du XVIIIe siècle tout comme la nôtre, qui fabrique toutes sortes d'accommodements avec la violence, la misère et la mort des plus humbles.