De l'écrémeuse de La Ligne générale (1925) jusqu'aux mères nourricières de Mad Max (2015), le lait jaillit, se déverse ou se partage à de multiples reprises dans l'histoire du cinéma. Cette véritable galactophilie filmique n'est que le versant cinématographique d'une histoire de la pensée humaine où le lait, tour-à-tour, s'est présenté comme agent organisateur des rapports sociaux, principe imaginaire régissant les lois collectives, ou signe symbolique de la miséricorde religieuse. Entre les vierges allaitantes de la peinture et ces épanchements lactés mis en scène au cinéma, ce livre propose une iconologie filmique du lait attentive aux processus de survivances, de migrations et de déplacements dont les motifs cinématographiques sont aussi le fruit. Le parcours iconographique se double d'une passionnante enquête historique où, entre anthropologie, théologie et histoire des représentations, le lait accompagne les réflexions fondamentales de l'humanité et souligne la permanence de problématiques très actuelles. Aussi les diverses lactations filmiques ici analysées jouent-elles comme des opérateurs cruciaux qui reconnectent les films à tout un fond anthropologique et religieux que la culture occidentale, semble-t-il, n'a pas encore réussi à liquider. Par ces jets de lait plus ou moins miraculeux, par ces allaitements plus ou moins incestueux, par ces bains de lait plus ou moins poussiéreux, le cinéma parvient à interroger les questions décisives de la différence des sexes, de l'identité raciale ou des structures de la parenté.
De l'écrémeuse de La Ligne générale (1925) jusqu'aux mères nourricières de Mad Max (2015), le lait jaillit, se déverse ou se partage à de multiples reprises dans l'histoire du cinéma. Cette véritable galactophilie filmique n'est que le versant cinématographique d'une histoire de la pensée humaine où le lait, tour-à-tour, s'est présenté comme agent organisateur des rapports sociaux, principe imaginaire régissant les lois collectives, ou signe symbolique de la miséricorde religieuse. Entre les vierges allaitantes de la peinture et ces épanchements lactés mis en scène au cinéma, ce livre propose une iconologie filmique du lait attentive aux processus de survivances, de migrations et de déplacements dont les motifs cinématographiques sont aussi le fruit. Le parcours iconographique se double d'une passionnante enquête historique où, entre anthropologie, théologie et histoire des représentations, le lait accompagne les réflexions fondamentales de l'humanité et souligne la permanence de problématiques très actuelles. Aussi les diverses lactations filmiques ici analysées jouent-elles comme des opérateurs cruciaux qui reconnectent les films à tout un fond anthropologique et religieux que la culture occidentale, semble-t-il, n'a pas encore réussi à liquider. Par ces jets de lait plus ou moins miraculeux, par ces allaitements plus ou moins incestueux, par ces bains de lait plus ou moins poussiéreux, le cinéma parvient à interroger les questions décisives de la différence des sexes, de l'identité raciale ou des structures de la parenté.